La première séance d’un bilan de compétences suscite souvent une appréhension diffuse : va-t-on me faire passer des tests ? Faut-il arriver avec un projet ? Vais-je devoir raconter toute ma vie ? En réalité, cette séance a un objectif précis, encadré par la loi, et elle se prépare simplement. Voici comment elle se déroule, ce que vous pouvez apporter, et les questions à poser pour vérifier que l’accompagnement vous convient.

Ne pas confondre entretien d’information et première séance

Deux rendez-vous se ressemblent mais n’ont pas le même rôle :

  • L’entretien d’information a lieu avant tout engagement. Il est gratuit et sert à vérifier que le bilan est la bonne réponse à votre situation, à vous présenter la méthode, la durée et le financement. Vous repartez libre de donner suite ou non.
  • La première séance ouvre le bilan proprement dit, une fois le financement validé et la convention signée. Elle correspond au début de la phase préliminaire, la première des trois phases prévues par le Code du travail.

Si vous n’avez pas encore passé l’étape de l’entretien d’information, c’est par là qu’il faut commencer.

Ce que la loi prévoit pour la phase préliminaire

La phase préliminaire a trois objectifs définis par la réglementation :

  1. Confirmer votre engagement dans la démarche ;
  2. Définir et analyser la nature de vos besoins : qu’est-ce qui vous amène, qu’attendez-vous du bilan ?
  3. Vous informer des conditions de déroulement du bilan, ainsi que des méthodes et techniques mises en œuvre.

Autrement dit, la première séance ne consiste pas à trouver votre futur métier. Elle consiste à poser le cadre et à formuler clairement la question à laquelle le bilan devra répondre.

Le déroulement type d’une première séance

Chaque consultant a sa manière de faire, mais on retrouve généralement les mêmes temps.

1. Votre situation, racontée à votre façon

Le consultant vous invite à expliquer où vous en êtes : votre poste actuel, ce qui ne va plus ou ce qui vous interroge, les raisons pour lesquelles vous consultez maintenant. Il n’y a pas de bonne manière de raconter. Certaines personnes arrivent avec un discours très construit, d’autres avec un simple « je ne sais plus ». Les deux sont des points de départ valables.

2. Vos attentes et vos craintes

Qu’espérez-vous en sortant du bilan ? Une décision, une confirmation, une autre piste, un plan d’action ? Et qu’est-ce qui vous inquiète : devoir quitter votre emploi, perdre en salaire, découvrir que vous vous êtes trompé ? Poser ces craintes dès le départ évite qu’elles pèsent en silence sur toute la démarche.

3. La reformulation de la demande

C’est le moment clé. À partir de ce que vous avez dit, le consultant reformule la question du bilan. Par exemple : « Vérifier si un projet d’enseignement est réaliste compte tenu de mes contraintes familiales et financières », plutôt que « trouver ma voie ». Une question bien posée oriente toute la suite.

4. Le cadre et les règles

Le consultant vous explique :

  • la confidentialité : les résultats du bilan vous appartiennent et ne peuvent être communiqués à un tiers, votre employeur compris, qu’avec votre accord ;
  • le calendrier : nombre de séances, rythme, durée globale (voir Combien de temps dure un bilan de compétences ?) ;
  • les outils qui pourront être utilisés : questionnaires d’intérêts, analyse du parcours, enquêtes métiers ;
  • ce qui est attendu de vous entre les séances.

5. Le premier travail à faire

La séance se termine souvent par une première consigne : retracer votre parcours, lister les moments où vous vous êtes senti à votre place, noter ce que vous ne voulez plus. Rien d’insurmontable, mais c’est le vrai début du travail.

Ce qu’il est utile d’apporter

Rien n’est obligatoire, mais ces éléments font gagner du temps :

  • votre CV à jour, même imparfait ;
  • vos fiches de poste ou descriptions de missions, si vous les avez ;
  • vos diplômes et formations, y compris les formations courtes suivies en entreprise ;
  • d’éventuels comptes rendus d’entretiens annuels ou d’entretiens professionnels ;
  • une liste de questions que vous vous posez, même en vrac ;
  • les pistes qui vous traversent l’esprit, y compris celles qui vous paraissent irréalistes.

Pour aller plus loin dans la préparation, lisez Comment préparer son bilan de compétences en 5 étapes.

Ce qui ne se passera pas

Quelques idées reçues à écarter :

  • On ne vous donnera pas de verdict. Le consultant n’est pas là pour vous dire quel métier faire, mais pour vous aider à construire et vérifier votre propre décision.
  • Vous ne passerez pas forcément de tests. Les outils d’évaluation, s’ils sont utilisés, interviennent plutôt pendant la phase d’investigation. Et ils ne remplacent jamais la réflexion ni la confrontation au terrain.
  • Vous n’avez pas à tout dire. Vous restez maître de ce que vous partagez. Un bon consultant ne force pas les confidences.
  • Vous n’avez pas besoin d’avoir un projet. Arriver sans aucune idée est une situation fréquente et parfaitement normale.

Les questions à poser à votre consultant

La première séance est aussi le moment de vérifier que l’accompagnement vous correspond. N’hésitez pas à demander :

  • « Comment allons-nous vérifier que les pistes identifiées sont réalistes sur le terrain ? »
  • « Quels outils allez-vous utiliser, et pourquoi ceux-là ? »
  • « Que contiendra le document de synthèse final ? » (voir Le document de synthèse du bilan de compétences)
  • « Que se passe-t-il si j’ai besoin de faire une pause pendant le bilan ? »
  • « Y aura-t-il un suivi après la fin du bilan ? »

Comment savoir si vous êtes au bon endroit

La relation avec votre consultant compte beaucoup dans la réussite d’un bilan. À la sortie de la première séance, posez-vous trois questions :

  1. Me suis-je senti écouté, sans jugement ?
  2. La question du bilan a-t-elle été reformulée d’une manière qui me parle ?
  3. Est-ce que je comprends ce qui va se passer ensuite ?

Si la réponse est oui aux trois, vous êtes bien parti. Si elle est non, parlez-en dès la séance suivante : un malentendu de départ se corrige facilement, il devient pesant s’il s’installe.

À Saint-Étienne, en présentiel ou à distance

Chez Praxis Accompagnement, la première séance se déroule le plus souvent dans nos locaux du centre de Saint-Étienne, place Antonin Moine. Beaucoup de personnes apprécient de démarrer dans un lieu neutre, ni chez elles ni au travail. Si vous ne pouvez pas vous déplacer, le bilan peut aussi se faire à distance.

Pour tout comprendre du bilan avant de commencer, consultez 5 choses à savoir pour bien comprendre ce qu’est un bilan de compétences et notre page bilan de compétences à Saint-Étienne. Et si vous hésitez encore, commencez par un entretien d’information gratuit.