Éducateurs spécialisés, moniteurs-éducateurs, assistants de service social, conseillers en économie sociale familiale, éducateurs de jeunes enfants : les professionnels du travail social ont choisi leur métier par engagement. Quand ils envisagent de le quitter, c’est rarement par lassitude du public accompagné. C’est plutôt l’usure, le manque de moyens, la charge administrative, le sentiment de ne plus pouvoir faire son travail correctement. Avant de partir, il existe souvent d’autres options.

Trois directions possibles

Direction Ce que c’est Pour qui
Évoluer Prendre des responsabilités dans le secteur : encadrement, coordination, direction Ceux qui aiment le secteur mais veulent un autre rôle
Se spécialiser Changer de public, de mission ou de mode d’intervention Ceux qui veulent garder le cœur du métier en changeant de cadre
Partir Exercer hors du travail social en réinvestissant ses compétences Ceux pour qui le décalage avec le secteur est profond

Évoluer dans le secteur

Plusieurs diplômes permettent d’évoluer vers des fonctions d’encadrement ou d’expertise :

  • le CAFERUIS (certificat d’aptitude aux fonctions d’encadrement et de responsable d’unité d’intervention sociale), pour devenir chef de service ;
  • le CAFDES (certificat d’aptitude aux fonctions de directeur d’établissement ou de service d’intervention sociale), pour diriger une structure ;
  • le DEIS (diplôme d’État d’ingénierie sociale), pour des fonctions de conception, d’expertise et de développement de projets.

Ces évolutions changent profondément le quotidien : moins de terrain, plus de gestion, de management et de relations institutionnelles. Il est essentiel de vérifier que ce changement vous attire vraiment, et pas seulement l’idée de quitter le terrain.

Se spécialiser

D’autres options permettent de garder le cœur du métier tout en changeant de cadre :

  • changer de public : protection de l’enfance, handicap, insertion, personnes âgées, santé mentale ;
  • changer de type de structure : milieu ouvert plutôt qu’internat, associatif plutôt que public, ou l’inverse ;
  • se former à une spécialité : médiation familiale, coordination de parcours, accompagnement à la parentalité ;
  • transmettre : devenir formateur dans un établissement de formation en travail social, ou tuteur.

Partir : des compétences très recherchées

Les travailleurs sociaux possèdent des compétences précieuses dans de nombreux secteurs :

  • l’écoute et l’accompagnement individuel de personnes en difficulté ;
  • la gestion de situations complexes et de crises ;
  • le travail en réseau avec de multiples partenaires ;
  • la rédaction de rapports, de synthèses, d’écrits professionnels ;
  • la connaissance des dispositifs sociaux et administratifs ;
  • la conduite de projets individuels et collectifs.

Ces compétences se transfèrent notamment vers l’insertion professionnelle, les ressources humaines, l’accompagnement à l’évolution professionnelle, la formation, la médiation, le secteur de la santé ou certaines fonctions dans les collectivités.

La VAE, un levier sous-estimé

Beaucoup de professionnels du travail social ont accumulé une expérience qui correspond à un autre diplôme que le leur : un moniteur-éducateur qui exerce des fonctions d’éducateur spécialisé, un professionnel qui a coordonné des projets, un intervenant qui a encadré une équipe. La validation des acquis de l’expérience (VAE) permet d’obtenir un diplôme sur la base de cette expérience, sans repasser par une formation complète.

C’est souvent un tremplin très efficace, que ce soit pour évoluer dans le secteur ou pour faire reconnaître un niveau de qualification avant d’en sortir. Pour la VAE des diplômes du travail social, notamment le DEES et le DE CESF, nous accompagnons les candidats avec Ma Valeur Pro, notre structure spécialisée dans la VAE. Pour en savoir plus, lisez aussi VAE éducateur spécialisé : 7 clés pour réussir votre dossier.

Épuisement ou décalage de fond ?

Le travail social est un secteur particulièrement exposé à l’épuisement professionnel. Avant de décider, il est important de distinguer :

  • un épuisement lié à la charge, au manque de moyens, à une situation particulière ;
  • un décalage de fond avec le métier ou le secteur.

Dans le premier cas, le repos, le soin et un changement de cadre peuvent suffire. Dans le second, une reconversion peut s’imposer. Si vous êtes épuisé, lisez d’abord Faut-il aller mieux avant de faire un bilan de compétences ?

Trois parcours types

Ces exemples sont fictifs et simplifiés, mais représentatifs des situations rencontrées.

Sophie, 38 ans, éducatrice spécialisée en internat, n’en peut plus des horaires décalés et des week-ends travaillés, mais aime toujours accompagner des adolescents. Elle se spécialise : elle rejoint un service de milieu ouvert, aux horaires plus réguliers. Le métier reste le même, le quotidien change complètement.

Karim, 45 ans, moniteur-éducateur, coordonne de fait des projets depuis plusieurs années sans en avoir le titre. Il évolue : par la VAE, il obtient le diplôme d’éducateur spécialisé, puis prépare le CAFERUIS pour devenir chef de service.

Claire, 42 ans, conseillère en économie sociale familiale, ressent un décalage profond avec l’institution. Elle part : son expertise des dispositifs et de l’accompagnement individuel la conduit vers un poste de conseillère en insertion dans une structure d’accompagnement vers l’emploi.

Les questions à vous poser

  • Qu’est-ce qui m’use le plus : le public, l’institution, la charge administrative, le manque de moyens, l’isolement ?
  • Y a-t-il encore des moments où je me sens utile et à ma place ? Lesquels ?
  • Est-ce que je veux quitter le terrain, ou seulement ce terrain-là ?
  • Quel diplôme mon expérience pourrait-elle déjà me permettre d’obtenir par la VAE ?
  • Qu’est-ce que je ne veux plus jamais revivre dans mon prochain poste ?

Ces questions n’ont pas de réponse immédiate. Elles orientent la réflexion vers l’une des trois directions.

Le rôle du bilan de compétences

Le bilan permet de faire le tri entre ces trois directions, d’identifier précisément vos compétences transférables, et de vérifier les pistes sur le terrain.

Chez Praxis Accompagnement, nous connaissons bien le secteur social et médico-social, notamment à travers nos accompagnements VAE sur les diplômes du travail social. Nous vous recevons en présentiel dans nos locaux du centre de Saint-Étienne, place Antonin Moine, et proposons aussi des accompagnements à distance. Consultez notre page bilan de compétences à Saint-Étienne ou prenez rendez-vous pour un entretien d’information gratuit.