« Un bilan de compétences, ça prend combien de temps ? » La question paraît simple. La réponse l’est moins, parce qu’elle recouvre en réalité trois durées différentes : le nombre d’heures d’accompagnement, la durée sur le calendrier, et le temps que vous y consacrerez vous-même entre les séances. Les confondre, c’est s’exposer à de mauvaises surprises, dans un sens comme dans l’autre. Voici ce qu’il faut savoir, règle par règle.

Ce que dit la loi : 24 heures au maximum

Le Code du travail fixe un plafond : la durée d’un bilan de compétences ne peut pas dépasser 24 heures. Mais ces 24 heures ne sont pas toutes passées en rendez-vous avec un consultant. Un bilan combine généralement deux types de temps :

  • le face-à-face : les entretiens individuels avec votre consultant ;
  • le travail en autonomie dirigée : les enquêtes auprès de professionnels, les exercices à faire chez soi, les recherches, la rédaction, que le consultant prépare avec vous et exploite ensuite en séance.

La répartition entre les deux varie d’un organisme à l’autre. C’est la première question à poser.

Trois précisions importantes :

  • 24 heures est un maximum, pas une norme. Un bilan peut être plus court. Tout dépend de votre situation et de la question que vous posez.
  • Plus d’heures de face-à-face ne veut pas dire meilleur bilan. Ce qui compte, c’est l’équilibre entre les entretiens et le travail de terrain, et la façon dont l’un nourrit l’autre.
  • La loi impose une structure en trois phases : une phase préliminaire, une phase d’investigation et une phase de conclusions. Un bilan qui ne les respecte pas n’est pas un bilan de compétences au sens légal.

Comment se répartissent les heures

La répartition varie d’un organisme à l’autre et d’une personne à l’autre. À titre indicatif, voici comment se structure souvent un bilan :

Phase Objectif Poids habituel
Phase préliminaire Analyser votre demande, définir vos besoins, vous présenter la méthode et le calendrier 1 à 2 séances
Phase d’investigation Explorer votre parcours, vos compétences, vos valeurs, vos intérêts ; identifier des pistes ; les confronter à la réalité du marché La plus grande partie du bilan
Phase de conclusions Choisir une piste, construire le plan d’action, remettre le document de synthèse 1 à 2 séances

La phase d’investigation est le cœur du bilan. C’est aussi celle qui dépend le plus de vous : plus vous explorez de pistes concrètes entre les séances, plus les rendez-vous avec votre consultant sont productifs.

Sur le calendrier : pourquoi compter 3 à 5 mois

Si le bilan ne dépasse pas 24 heures, pourquoi s’étale-t-il sur plusieurs mois ? Pour trois raisons très concrètes.

1. Les enquêtes métiers prennent du temps. Valider une piste, c’est rencontrer des personnes qui exercent le métier, parfois visiter une structure, se renseigner sur les formations. Il faut trouver les contacts, obtenir des rendez-vous, les caler dans votre agenda. Comptez plusieurs semaines.

2. La réflexion a besoin de maturation. Une idée qui paraît évidente un lundi peut sembler beaucoup moins séduisante dix jours plus tard. Ce délai n’est pas une perte de temps, c’est ce qui permet de distinguer une envie passagère d’un vrai projet.

3. Vous avez une vie à côté. La plupart des personnes font leur bilan en parallèle d’un emploi, d’une vie de famille, parfois d’une recherche d’emploi. Un rythme d’une séance par semaine ou toutes les deux semaines est généralement tenable ; un rythme plus serré l’est rarement.

Chez Praxis : 13 heures de face-à-face et du travail en autonomie dirigée

Chez Praxis Accompagnement, un bilan de compétences comprend 13 heures d’entretiens individuels en face-à-face avec votre consultant. Le reste du bilan est consacré au travail en autonomie dirigée : enquêtes auprès de professionnels, exercices à faire chez vous, recherches, rédaction.

Pourquoi cette organisation ? Parce que ce qui fait la qualité d’un bilan, ce n’est pas le temps passé en rendez-vous, mais ce qui se passe entre les rendez-vous. Une piste de reconversion ne se valide pas dans un bureau : elle se vérifie en rencontrant des personnes qui exercent le métier, en se renseignant sur les formations, en confrontant son projet à la réalité. Nous concentrons donc les entretiens sur l’essentiel (analyser, confronter, décider) et nous vous guidons précisément dans le travail à mener entre les séances, que nous exploitons ensemble à la séance suivante.

Le bilan se déroule généralement sur 3 à 5 mois. Nous ajustons le rythme à votre situation : nous pouvons resserrer les séances si vous avez une échéance, ou les espacer si vous traversez une période chargée ou fatigante (voir notre article Faut-il aller mieux avant de faire un bilan de compétences ?).

Le travail en autonomie dirigée

C’est la part la plus souvent sous-estimée, et pourtant elle fait partie intégrante du bilan. Entre les séances, vous serez amené à :

  • compléter des questionnaires ou des exercices d’analyse de votre parcours ;
  • faire des recherches sur les métiers et les formations envisagés ;
  • préparer et mener des enquêtes auprès de professionnels ;
  • relire vos notes et préparer la séance suivante.

Selon votre engagement et le nombre de pistes explorées, ce travail peut représenter de une à plusieurs heures par semaine. Il n’est pas facultatif : un bilan dans lequel on ne fait rien entre les séances donne rarement des conclusions solides.

Pendant ou en dehors du temps de travail ?

La durée du bilan a une conséquence directe si vous êtes salarié : sur quel temps allez-vous le faire ?

  • En dehors du temps de travail : si vous le financez avec votre CPF et que les séances ont lieu hors de vos horaires, vous n’avez pas besoin de l’accord de votre employeur, ni même de l’informer.
  • Pendant le temps de travail : vous devez demander une autorisation d’absence à votre employeur. Pour une action de moins de six mois, la demande doit être faite au moins 60 jours avant le début ; l’employeur dispose de 30 jours pour répondre, et son silence vaut acceptation.
  • À l’initiative de l’employeur (plan de développement des compétences) : le bilan ne peut être réalisé qu’avec votre consentement, et votre refus ne constitue pas une faute.

Pour le détail de ces règles, lisez notre article Bilan de compétences et employeur : confidentialité, autorisation d’absence et temps de travail.

Bilan court ou bilan long : lequel vous faut-il ?

Il n’existe pas de durée idéale dans l’absolu. Il existe une durée adaptée à votre question.

Un bilan plus court peut suffire si vous avez déjà une piste précise et que vous cherchez surtout à la vérifier, si votre question porte sur une évolution dans votre métier actuel, ou si vous avez déjà fait un travail de réflexion approfondi.

Un bilan plus long est préférable si vous ne savez pas du tout vers quoi aller, si vous hésitez entre plusieurs pistes très différentes, si vous sortez d’une période difficile, ou si votre projet implique une formation longue et coûteuse. Dans ce dernier cas, quelques heures supplémentaires de vérification coûtent bien moins cher qu’une erreur d’orientation (voir Le vrai coût d’une reconversion).

Méfiez-vous des formats qui promettent de « trouver votre voie » en une ou deux séances, sans aucun travail de terrain. Le bon critère n’est pas le nombre d’heures d’entretien, mais la présence d’une vraie phase d’investigation : des pistes confrontées à la réalité du métier, par des enquêtes et des recherches, avant de trancher.

Ce qu’il faut vérifier dans le programme qu’on vous propose

Avant de vous engager, demandez à l’organisme :

  • la répartition entre face-à-face et travail en autonomie dirigée, et ce que contient chacun ;
  • la répartition entre les trois phases ;
  • la durée prévue sur le calendrier et le rythme des séances ;
  • le temps de travail en autonomie dirigée estimé entre les séances ;
  • la possibilité de décaler ou d’espacer des séances en cas d’imprévu ;
  • l’existence d’un entretien de suivi quelques mois après la fin du bilan (voir Six mois après votre bilan de compétences : à quoi s’attendre).

Un organisme sérieux répond à ces questions sans difficulté, et les précise dans le programme remis avant la signature.

En résumé

  • La loi plafonne le bilan à 24 heures, réparties en trois phases obligatoires.
  • Sur le calendrier, comptez généralement 3 à 5 mois, le temps de mener les enquêtes et de laisser mûrir la réflexion.
  • Ces heures combinent face-à-face et travail en autonomie dirigée : c’est ce travail de terrain qui fait la solidité des conclusions.
  • Chez Praxis, le bilan comprend 13 heures de face-à-face avec votre consultant, complétées par du travail en autonomie dirigée.
  • Si les séances ont lieu hors temps de travail, votre employeur n’a pas à être informé.

Pour savoir concrètement comment démarre un bilan, lisez Comment se passe la première séance d’un bilan de compétences. Et pour une vue d’ensemble, consultez notre page bilan de compétences à Saint-Étienne.

Nous vous recevons en présentiel dans nos locaux du centre de Saint-Étienne, place Antonin Moine, et proposons aussi des accompagnements à distance. Vous voulez savoir quelle durée conviendrait à votre situation ? Prenez rendez-vous pour un entretien d’information gratuit.