C’est la question qui décide de tout, et c’est celle qu’on traite le plus vite. Avant de se demander comment écrire son livret, comment convaincre un jury ou comment financer la démarche, il faut choisir quel diplôme viser. Un mauvais choix à cette étape ne se rattrape pas plus tard : il produit une validation partielle, ou un refus, après deux ans de travail.
Je siège en jury VAE sur plusieurs diplômes du secteur social et sanitaire, et c’est de loin l’erreur la plus coûteuse que je vois passer. Voici comment on choisit correctement.
Le principe : on ne part pas du diplôme, on part de l’activité
La démarche intuitive consiste à se dire « je travaille dans le social, je vais viser le diplôme d’éducateur spécialisé », puis à essayer de faire entrer son expérience dedans. C’est l’inverse qu’il faut faire.
Un jury ne compare pas votre métier à un intitulé. Il compare vos activités réelles à un référentiel — une liste de compétences, découpée en blocs, avec pour chacun ce qu’il faut être capable de faire. La bonne question n’est donc pas « quel diplôme correspond à mon poste ? » mais : de quel référentiel puis-je documenter tous les blocs avec des situations que j’ai vécues ?
Deux personnes ayant le même intitulé de poste peuvent relever de deux diplômes différents, parce que ce qu’elles font au quotidien n’est pas la même chose.
Étape 1 : lire le référentiel avant de décider
Toutes les certifications accessibles par la VAE sont enregistrées au Répertoire national des certifications professionnelles, et chaque fiche est publique. Elle contient le référentiel d’activités et de compétences ainsi que le découpage en blocs — un découpage qui vaut en principe, avec des exceptions : les professions à accès réglementé, notamment, supposent l’obtention intégrale du diplôme et ne se valident pas bloc par bloc.
Prenez la fiche du diplôme que vous envisagez et lisez-la bloc par bloc, avec une seule question à chaque ligne : est-ce que j’ai fait ça, et est-ce que je peux le raconter précisément ? Pas « est-ce que je saurais le faire » — est-ce que je l’ai fait.
Si un bloc entier reste vide, vous tenez déjà votre réponse : soit ce n’est pas le bon diplôme, soit il faut aller chercher cette expérience avant de déposer. C’est exactement le mécanisme qui produit les validations partielles, comme nous l’expliquons dans notre article sur la VAE refusée ou partiellement validée.
Étape 2 : viser le bon niveau, pas le plus haut
La tentation est réelle : puisqu’on y va, autant viser haut. C’est une mauvaise stratégie, pour une raison simple.
Le niveau d’une certification ne mesure pas la durée de votre expérience, mais le degré d’autonomie et de responsabilité qu’elle atteste. Un professionnel excellent depuis quinze ans, mais qui exécute dans un cadre défini par d’autres, relève d’un niveau différent de celui qui conçoit, arbitre, encadre et rend des comptes. Le jury cherche des traces de décision, d’analyse, de responsabilité assumée. Si vous n’en avez pas à produire, viser plus haut ne fait que rendre l’échec plus probable.
Le raisonnement inverse est tout aussi coûteux. Viser trop bas par prudence, c’est passer deux ans à obtenir un titre qui ne changera rien à votre situation. Le bon niveau est celui qui correspond à ce que vous faites réellement — ni au-dessus, ni en dessous.
Étape 3 : vérifier ce que le diplôme ouvre vraiment
Un diplôme n’a pas de valeur en soi : il a une valeur d’usage. Avant de vous engager, vérifiez trois choses.
Est-il exigé, ou seulement apprécié ? Certains métiers du social et du sanitaire sont réglementés : sans le diplôme d’État, on ne peut pas exercer, quelle que soit l’expérience. Dans ce cas la VAE change tout. Ailleurs, le diplôme est un plus, et il faut mesurer ce qu’il apporte concrètement.
Que reconnaît votre convention collective ? C’est le point le plus souvent oublié, et le plus déterminant pour la rémunération. Un même niveau de certification n’est pas classé de la même façon d’une branche à l’autre. Regardez votre grille avant de choisir.
Où voulez-vous être dans cinq ans ? Si le projet est de changer de secteur, le bon diplôme n’est pas celui qui décrit votre poste actuel, mais celui qui ouvre le suivant — à condition, bien sûr, de pouvoir en documenter les blocs.
Étape 4 : envisager les blocs plutôt que le diplôme entier
Point encore mal connu : la plupart des certifications sont découpées en blocs de compétences, et il est possible d’en viser un seul — sauf, précisément, dans les professions réglementées évoquées plus haut.
C’est une voie très utile dans deux cas. Quand votre expérience couvre solidement une partie du référentiel mais pas l’ensemble : vous sécurisez ce qui est acquis, définitivement, et vous complétez ensuite. Et quand le calendrier presse : un bloc se traite plus vite qu’un diplôme complet.
Les blocs obtenus vous restent acquis à vie. Ce n’est donc pas une demi-mesure, c’est une stratégie d’étapes.
Les trois erreurs qui reviennent le plus
Choisir par le titre. « Je suis coordinateur, donc je vise un diplôme de coordination. » Les intitulés d’emploi et les intitulés de certification n’obéissent pas aux mêmes logiques. Seul le référentiel fait foi.
Choisir parce qu’un collègue l’a fait. Son parcours n’est pas le vôtre, et son dossier reposait sur des situations qu’il a vécues, pas vous.
Choisir sans lire le référentiel. C’est la plus fréquente de toutes, et elle explique l’essentiel des refus de recevabilité — qui, rappelons-le, ne sont pas des échecs de VAE mais des erreurs de cible détectées en amont. Depuis la loi du 21 décembre 2022, il n’existe d’ailleurs plus de durée minimale d’expérience : la condition est d’exercer une activité en rapport direct avec la certification visée, ce qui déplace tout l’enjeu sur la pertinence de la cible.
Ce que change un accompagnement à cette étape
Le choix du diplôme est le moment où un regard extérieur rapporte le plus, parce qu’il engage tout le reste et qu’on le fait une seule fois.
Concrètement, cela consiste à poser côte à côte votre parcours réel et deux ou trois référentiels candidats, puis à confronter bloc par bloc. En une à deux séances, on sait laquelle des cibles est tenable, et surtout où sont les zones faibles qu’il faudra documenter avec soin. Ce travail est mené par Ma Valeur Pro, notre marque dédiée à l’accompagnement VAE, en lien avec Praxis Accompagnement.
Le déroulé d’ensemble de la démarche est décrit dans notre guide complet de la VAE.
En présentiel à Saint-Étienne, dans la Loire et la Haute-Loire
Nous recevons uniquement en présentiel, dans nos locaux du centre de Saint-Étienne, 3 place Antonin Moine.
Sur cette étape précise, c’est déterminant. Comparer des référentiels suppose d’avoir des documents ouverts côte à côte sur une table, d’annoter, de revenir en arrière, de tester une hypothèse à voix haute. C’est un travail de table, pas de webcam.
Nous accompagnons les candidats de la Loire (42) et de la Haute-Loire (43) : Saint-Étienne et son agglomération, le Forez, la vallée du Gier et l’Ondaine.
En résumé
- On ne part pas du diplôme : on part de ses activités réelles et on cherche le référentiel qu’elles couvrent.
- Lisez la fiche RNCP bloc par bloc avant de décider. Un bloc vide est un signal, pas un détail.
- Le niveau atteste un degré d’autonomie et de responsabilité, pas une ancienneté.
- Vérifiez ce que le diplôme ouvre : métier réglementé ou non, classification conventionnelle, projet à cinq ans.
- Viser un bloc de compétences plutôt que le diplôme entier est parfois la meilleure stratégie — les blocs sont acquis à vie.
- La cause n° 1 des refus de recevabilité : avoir choisi sans lire le référentiel.
Si vous hésitez entre deux diplômes, ou si vous ne savez pas lequel viser, contactez-nous avec la description de votre poste et de vos missions. C’est le meilleur moment pour se faire aider : celui où rien n’est encore engagé.